Et si les réseaux sociaux n’étaient plus conçus pour capter notre attention, mais pour nous protéger ? Couvre-feu automatique, algorithme transparent, lutte contre la désinformation, protection des mineurs… J’ai interrogé le fondateur de Bulle.media, un nouveau réseau social français qui revendique une approche radicalement différente des plateformes traditionnelles.
Les réseaux sociaux occupent une place centrale dans la vie des adolescents… mais aussi dans les préoccupations des parents. Face aux inquiétudes liées à l’addiction, à la désinformation ou encore à la haine en ligne, de nouvelles alternatives commencent à émerger.
Lancée début 2026, Bulle.media est une plateforme française qui fait un pari audacieux : prouver qu’un réseau social peut être utile, transparent et respectueux de ses utilisateurs sans reposer sur les mécanismes qui rendent les plateformes traditionnelles si addictives.
J’ai rencontré son fondateur pour comprendre sa vision, les choix qui différencient Bulle.media d’Instagram ou TikTok, et savoir pourquoi il pense que les familles ont tout intérêt à essayer cette nouvelle plateforme.
Interview de Clément Etoré, fondateur du réseau social français Bulle.media
Quel a été le déclic qui vous a poussé à lancer Bulle ? Pourquoi avoir créé un réseau social français ?
Deux événements ont contribué au déclic :
- Les élections américaines nous ont rappelé que les réseaux sociaux ont, une nouvelle fois, joués un rôle dans une élections démocratique d’un pays occidental.
- Le passage d’Hugo Micheron sur France Culture expliquant que l’éducation des parents ou de l’école ne suffit parfois plus face à la consommation massive de contenus sur Tiktok.
Je me suis alors dis que les réseaux sociaux jouent un rôle largement sous-estimé dans la trajectoire de nos propres vies et de nos démocraties et qu’il ne sont pas conçu pour nous informer, car ils ont avant tout été conçus pour nous divertir.
Selon vous, quel est aujourd’hui le plus grand problème des réseaux sociaux (Instagram, TikTok, etc) ?
Le plus grand fléau est l’enfermement cognitif dans lequel ils nous plongent. Ils nous manipulent subtilement. Si bien que l’on reste persuadé de conserver notre esprit critique, alors que petit à petit, nous nous enfermons dans des bulles de filtres, contribuant à la polarisation des idées et des débats. C’est exactement le même phénomène qui est en jeu avec les contenus morbides sur TikTok qui poussent les enfants à la dépression ou des pratiques dangereuses (voir les dangers des réseaux sociaux).
En quoi Bulle est-il différent ?
Bulle brise les bulles !
Nos algorithmes sont publics et conçus contre la polarisation. Les réactions « je n’aime pas » et « offensant » font baisser un contenu clivant ou problématique au lieu de le mettre en avant comme le font les autres réseaux.

Quelle fonctionnalité de Bulle vous rend le plus fier ?
Certainement le couvre-feu par défaut imposé à tout utilisateur dont l’âge n’est pas vérifié de source sûre !
Moi-même j’ai plusieurs fois « subit » le couvre feu de ma propre application alors que je « scrollais » encore sur mon canapé à minuit. Cette fonctionnalité est la preuve que la préservation du sommeil de nos utilisateurs passe avant des logiques de rentabilité.
Qu’est-ce qui change concrètement lorsqu’on utilise Bulle plutôt qu’Instagram, TikTok ou X ?
On y est bien. Le contenu est éducatif (des dizaines de profs), positif (médias de bonnes nouvelles), bienveillant (commentaires respectueux), ça fait un bien fou !
Vous parlez beaucoup d’algorithme transparent. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
Ça signifie que la formule qui guide les recommandations est connue de tous, chacun peut vérifier qu’elle est bien appliquée et ça prouve que Bulle ne peut pas manipuler les vidéos mises en avant ou non en fonction de ce qui l’arrangerait. C’est une véritable garantie démocratique.
Comment modérez-vous les contenus sur Bulle ?
- Il y a une modération en amont : Seules les personnes certifiés peuvent publier sur Bulle et seules les personnes présentant leur projet, en accord avec notre Charte de Déontologie peuvent développer une grande visibilité. Ces deux gardes fous limitent la haine en ligne et la désinformation dès la racine.
- Nous avons également des mécanismes de signalement de contenus problématiques et aussi de détection systématique grâce à l’IA.
Pourquoi avoir décidé d’imposer un couvre-feu à minuit ?
Parce qu’on sait qu’un mineur pourrait mentir et déclarer être majeur pour tenter de contourner les règles. Cette règle s’impose à tout le monde pour préserver nos utilisateurs d’un excès d’écran lié aux mécanismes addictifs des réseaux. On ne souhaite pas inciter les jeunes à mentir sur leur âge afin de mieux les protéger. et ne voient ni contenu explicite, ni publicité ciblée.
Pourquoi limiter le temps d’utilisation quotidien à 1h30 ?
Toujours pour protéger les jeunes et nos utilisateurs d’un usage non contrôlé des réseaux sociaux. La vie vaut la peine d’être vécue en dehors des écrans et des réseaux sociaux. Ils peuvent être un outil formidable pour s’émanciper mais ne doivent pas remplacer des moments de vie notamment pour les plus jeunes. Bulle l’assume pleinement.
Pourquoi interdire les messages privés entre adultes et mineurs ?
Pour éviter le « grooming », ces techniques de prédations d’adultes envers les mineurs. Nous souhaitons limiter cela au maximum. Nous ne prétendons pas que Bulle est une forteresse imprenable, mais nous essayons de mettre le maximum en place pour en faire un espace sûr. Aucun outil ne remplacera jamais le dialogue des parents avec leurs enfants.

À partir de quel âge recommandez-vous réellement Bulle.media ?
Bulle est disponible à partir de 13 ans et nous recommandons d’activer le contrôle parental de 13 à 15 ans. Il n’y a pas d’âge idéal. Les ados peuvent y découvrir des vocations, découvrir des profs de physique, math ou histoires passionnants ! Et les moins jeunes pareillement.
Concrètement, pourquoi un parent devrait-il télécharger Bulle ce soir et l’essayer avec son enfant ce week-end ?
Pour voir en une soirée à quoi ressemble un fil sans contenus violents ni pièges à attention.
Quelle expérience proposez-vous aux familles que les autres réseaux sociaux ne peuvent tout simplement pas offrir ?
Des groupes d’échanges, pour partager des publications d’humoristes, de profs, partager des moments, comme un WhatsApp familial mais avec du contenu partageable directement au sein de la plateforme !
Si vous aviez seulement 30 secondes pour convaincre un parent de tester Bulle en famille, quels seraient vos arguments ?
N’ayez plus peur de ce que votre enfant va voir sur les réseaux sociaux. Dites-vous qu’il va apprendre des choses, découvrir des passions, travailler son esprit critique et devenir un citoyen plus éveillé et cultivé !
Qui sont les 6 000 utilisateurs inscrits et actifs sur Bulle aujourd’hui ?
Toutes les générations sont représentées, et beaucoup viennent parce qu’elles en ont assez du bruit et de la haine. Des personnes qui souhaitent simplement respirer.

Vous dites vouloir construire un réseau social plus sain. Mais comment éviter que Bulle ne devienne, avec le temps, exactement ce que sont devenus Facebook, Instagram ou TikTok ? Qu’est-ce qui garantit que votre modèle résistera aux pressions de la croissance et de la rentabilité ?
Voici trois raisons qui sont des garanties fortes :
- Bulle n’est pas un réseau social qui se cache derrière son statut d’hébergeur de contenus. Nous assumons de ne pas tolérer l’intolérable : la haine, la désinformation.
- Nous sommes en train de nous doté d’une association indépendante qui veillera à ce que les décisions de modération contestées ne soient arbitrées ni par l’entreprise, ni par des logiques de rentabilité.
- Nous allons nous transformer en société à mission avec pour missions le fait de toujours chercher protéger les mineurs et rester transparents. Ces objectifs seront auditables. Il s’agit donc d’une véritable marque de confiance pour nos utilisateurs.
Si vous deviez résumer Bulle en une phrase à un parent, que diriez-vous ?
Si vous cherchez une bulle d’air pour vous, une bulle de protection pour votre enfant, une bulle transparente, alors nous sommes là pour vous.
Conclusion
Un grand merci à l’équipe de Bulle et à son fondateur d’avoir pris le temps de répondre à mes questions en toute transparence.
Je suis convaincu qu’il est essentiel d’encourager l’émergence d’alternatives qui placent l’intérêt des utilisateurs, et en particulier celui des plus jeunes, au cœur de leur modèle.
Reste désormais à savoir si les familles, les créateurs et le grand public répondront présents et adopteront ce nouveau réseau social français.
Si les sujets de protection des mineurs, de désinformation ou d’algorithmes vous concernent, le meilleur moyen de vous faire votre propre opinion reste encore d’essayer Bulle.media.
Téléchargez l’application, explorez-la en famille et voyez si cette nouvelle approche des réseaux sociaux répond à vos attentes.
Et enfin partagez votre expérience avec nous et partagez cette interview pour qu’un maximum de personnes intéressées puissent découvrir ce nouveau réseau social français. Merci !





