Interdiction des réseaux sociaux en Australie

Réseaux sociaux et mineurs : la loi avance… mais les parents restent seuls

Depuis le 10 décembre 2025, l’Australie a interdit l’accès à plusieurs réseaux sociaux aux jeunes de moins de 16 ans.

Une décision forte. Très médiatisée. Et déjà observée de près par l’Europe.

En France, la loi Marcangeli va dans le même sens : fixer un âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux.

Sur le papier, le cadre se durcit.

Dans la réalité, c’est beaucoup plus flou.

Les enfants contournent. Les plateformes ferment les yeux. Et les parents se retrouvent en première ligne.

Car une chose est sûre : la loi ne change pas le quotidien des familles.

Toutes ne sont pas égales face au numérique. Temps disponible, niveau d’information, charge mentale, caractère et comportement des enfants, niveau de revenu du foyer, composition du foyer, isolement…

Demander aux parents de “bien faire” sans leur donner d’outils, c’est souvent les laisser seuls… ou les culpabiliser.

C’est précisément ce que montre le podcast « Doit-on interdire les réseaux sociaux aux mineurs ? » (France Culture).

Un débat riche, nuancé, loin des slogans.

Avec trois intervenants clés :

  • Virginie Sassoon, docteure en sciences de l’information et de la communication
  • Sylvie Chokron, neuropsychologue, directrice de recherche au CNRS
  • Mehdi Arfaoui, sociologue à la CNIL, chercheur à l’EHESS

Ce que le podcast nous apprend (vraiment)

L’interdiction seule ne fonctionne pas. Elle crée du contournement, pas de la protection.

Les réseaux ont aussi des bénéfices pour les jeunes. Sociabilité, culture, information, sentiment d’appartenance.

Mais les risques sont réels. Sommeil, attention, anxiété, cyberharcèlement.

Le cerveau ado n’est pas prêt. Les capacités de contrôle mûrissent tard, vers 18-20 ans (Sylvie Chokron).

Les ados ne sont pas inconscients. Ils développent des stratégies… souvent après avoir pris des risques (Mehdi Arfaoui).

Les parents sont épuisés, pris entre injonctions contradictoires et manque de soutien. J’aime beaucoup la métaphore employée par Virginie Sassoon à ce sujet : « les parents sont à la fois des dealers de temps d’écran et des gendarmes du numérique« .

Ce que les parents peuvent faire, sans culpabiliser

  • Poser un cadre clair, simple, évolutif
  • Retirer le téléphone la nuit et pendant les devoirs
  • Réduire le temps d’écran plutôt que tout interdire
  • Couper les notifications inutiles
  • Parler de ce que l’ado vit en ligne, sans jugement
  • Tester l’application FantomApp développée par des collégiens et la CNIL
  • Montrer l’exemple dans ses propres usages

Pas besoin d’être parfait.

Juste accompagné.

Le vrai enjeu : aider les familles, pas les pointer du doigt

Ce podcast le rappelle avec force :

👉 toutes les familles ne partent pas avec les mêmes ressources.

👉 culpabiliser les parents ne protège pas les enfants.

👉 l’éducation numérique est un sujet collectif.

Les parents ont besoin de repères. De solutions concrètes. Et de soutien.

🎧 Je vous recommande vivement d’écouter le podcast complet sur France Culture.

Il aide à sortir des débats simplistes.

📘 Et si vous souhaitez aller plus loin, mon livre est actuellement en pré-commande. Un guide pensé pour les parents. Réaliste. Accessible. Sans culpabilisation.

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